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L'île Herschel: Qikiqtaruk - Guide du patrimoine historique

Introduction

Le présent guide fait un tour d'horizon du patrimoine historique de l'île Herschel (Qikiqtaruk) et donne, parmi l'abondante documentation qui existe sur le sujet, quelques pistes de recherche au lecteur avide d'en savoir davantage sur l'établissement d'un lieu historique national sur ce qu'il est convenu d'appeler «notre île dans l'océan Arctique».

Le parc territorial de l'île Herschel est le tout premier parc du genre établi au Yukon. L'île Herschel a toujours occupé une place de choix dans le territoire traditionnel des Inuvialuit et elle a joué un rôle déterminant dan l'histoire de l'Arctique de l'Ouest. Pour que nous puissions pleinement apprécier la tranche d'histoire humaine qui s'y est vécue, il importe que les vestiges qu'elle recele soient préservés. Les visiteurs qui mettent le pied sur l'île sont donc priés de respecter le rare mélange de patrimoine culturel et naturel qu'elle renferme. Ce respect passe par l'application du vieil adage «N'emportez avec vous que l'empreinte de vos pas!», seul garant de la préservation de cette parcelle du patrimoine yukonnais et inuvialuit.

Presque la totalité des objets et écofacts qui constituent le patrimoine de l'île Herschel témoignent de la façon dont les conditions ambiantes ont modelé le territoire et la vie de ses habitants. Le climat, le sol, la végétation, la présence ou l'absence de gibier et d'autres ressources naturelles sont autant de facteurs qui ont influer sur l'évolution de l'île.

Le patrimoine historique de l'île Herschel est le produit de la recontre de deux cultures et de l'influence qu'elles ont eue l'une sur l'autre. Sa situation géographique privilégiée et la richesse de son passé culturel conferent a l'île Herschel une place toute spéciale dans le patrimoine yukonnais et ajoute a la diversité de celuici.

Embarcation abandonnØe et la mission vues de l'ouest - aout
Embarcation abandonnée et la mission vues de l'ouest - aout


Préhistoire

Les signes d'une présence humaine les plus anciens mis au jour sur l'île Herschel remontent à l'époque de la civilisation thulé, il y de cela quelque 1000 ans. Les Thulé menaient une existence principalement axée sur la récolte saisonnière des produits de la chasse et de la pêche, un mode de vie auquel leurs descendants actuels, les Inuvialuit, ont très peu dérogé au cours des siècles, d'où l'importance qu'occupent les ressources naturelles dans leur mode de vie traditionnel. Les Inuvialuit donnent à l'île Herschel le nom de Qikiqtaruk qui, dans leur langue, signifie «l'île».

Premier contact avec les Euro- Américains

L'île a reçu son nom anglais de Sir John Franklin, parti d'Angleterre en 1825 à destination de l'Amérique du Nord pour faire le tracé cartographique d'une partie du littoral arctique. L'explorateur a vu l'île pour la première fois le 17 juillet 1826 et l'a nommée en l'honneur d'un ami intime, Sir John Herschel, chimiste et astronome britannique de renom.

À cette époque, il y avait trois villages sur l'île Herschel. On estime qu'à la même période entre 200 et 2 000 personnes habitaient l'île et le littoral du versant nord du Yukon. L'île servait de base pour la chasse et la pêche, y compris la chasse à la baleine.

Franklin a trouvé les habitants de l'île Herschel très chaleureux et accueillants. Il a par ailleurs noté que, déjà à l'époque, les Kigirktaugmiut, les habitants de l'île, avaient en leur possession des biens d'origine russe, qu'ils auraient reçus en troc des Inupiat, leurs cousins de l'Alaska. Ils échangeaient également avec les Gwich'in établis dans la région de la rivière Porcupine et du delta du Mackenzie.

Période de la chasse à la baleine commerciale

Chasseur inuvialuit dans un kayak en peau de phoque - vers 1909
Chasseur inuvialuit dans un kayak en peau de phoque - vers 1909

Nombre de produits qui de nos jours seraient fabriqués en plastique étaient faits, au XIXe siècle, à base de fanons, ces lamelles cornées issues de la mâchoire supérieure des baleines. La mode de l'époque exigeait que les femmes aient une taille de guêpe, ce qui voulait dire porter un corset, et le meilleur matériau pour en fabriquer était le fanon. La demande pour cette partie de la baleine a influé de façon majeure sur l'histoire de l'île Herschel. Vers la fin du siècle, leur poursuite acharnée de populations de baleines quasi décimées a mené les baleiniers jusqu'à la mer de Beaufort où ils ont pu constater qu'elle servait de dernier refuge aux baleines boréales, l'une des espèces les plus prisées. Commença alors une chasse à la baleine commerciale des plus meurtrières. Vu la courte saison de pêche dans l'Arctique, il était nécessaire, pour que l'entreprise soit rentable, que les équipages passent l'hiver dans la région de la mer de Beaufort. L'île Herschel offrait un havre de taille suffisante pour que puissent y mouiller les navires océaniques utilisés pour la chasse à la baleine. C'est ainsi qu'en 1890 l'anse Pauline devenait le premier «peuplement» euro-américain dans les environs. La présence des chasseurs de baleines dans leurs rangs a considérablement modifié la façon de vivre des Inuvialuit qui habitaient l'île Herschel. Ce sont eux qui ont appris aux nouveaux venus comment survivre à la rigueur du climat dans l'Arctique et les ont approvisionnés en viande fraîche en échange d'autres produits. Les chasseurs de baleines étaient en outre accompagnés par des Inupiat chargés de chasser pour eux et de leur fabriquer des vêtements chauds. Hélas, s'ils amenaient avec eux la technologie et la civilisation, les Euro-Américains apportaient aussi la maladie et l'alcool, véritables fléaux auxquels nombre d'Inuvialuit n'ont pas su résister et qui ont eu tôt fait de décimer les rangs de la population indigène.

Au début, les équipages vivaient pour la plupart à bord des bateaux plutôt que sur l'île elle-même. Les navires étaient isolés contre le froid avec des blocs de neige et chauffés avec du bois de grève ramassé le long de la côte. Les Inuvialuit à l'emploi des baleiniers logeaient sur l'île dans des huttes de terre construites à leur intention, mais ils ont bientôt été rejoints par les chasseurs et les premières habitations à ossature de bois ne tardèrent pas à être érigées à l'anse Pauline.

Chasseurs de baleines am¯ricains regroup¯s autour de la maison communautaire pour c¯l¯brer le 4 juillet 1896
Chasseurs de baleines américains regroupés autour de la maison communautaire pour célébrer le 4 juillet 1896

On estime qu'à l'apogée de la chasse à la baleine dans la mer de Beaufort, au cours de l'année 1893- 1894, la population de l'île Herschel a atteint 1 500 âmes, ce qui en faisait la communauté la plus peuplée du Yukon à l'époque.

La présence des chasseurs de baleines parmi les Inuvialuit n'est pas passée inaperçue et s'est amenée dans leur sillage une kyrielle de nouveaux venus. Les premiers arrivés ont été les missionnaires, venus s'installer sur l'île dès le milieu des années 1890 pour y faire œuvre apostolique, suivis par la Police à cheval du Nord-Ouest, chargée de faire respecter la souveraineté du Canada sur le territoire, qui a établi un poste en 1903. Les négociants en fourrures, notamment le capitaine Pedersen et la Compagnie de la Baie d'Hudson, sont venus peu après. Après le départ des baleiniers, en 1907, et la fermeture du comptoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson, l'île Herschel s'est pratiquement vidée de sa population. Un détachement de police y a été maintenu de façon sporadique jusqu'à la fermeture définitive du poste en 1964. Dans les années 1980, les MacKenzie étaient les seuls Inuvialuit à résider à l'année sur l'île. D'autres Inuvialuit y viennent encore de façon saisonnière pour la poursuite de leurs activités traditionnelles, comme la pêche et la chasse, ou pour camper en route vers une autre destination.

Le S.S. Patterson de la Northern Whaling & Trading Company mouillant dans lÁanse Pauline,
vers 1930
Le S.S. Patterson de la Northern Whaling & Trading Company mouillant dans l’anse Pauline, vers 1930

Établissement du parc territorial de l'Île-Herschel

En 1978, le gouvernement du Canada et les Inuvialuit ont conclu un accord de principe sur les revendications territoriales des Inuvialuit et, en 1984, la Convention définitive des Inuvialuit (la «Convention») entrait en vigueur. En 1987, le gouvernement du Yukon, conformément aux termes de la Convention, déclarait l'île Herschel parc territorial.

Le gouvernement du Yukon et les Inuvialuit assurent conjointement l’aménagement, la gestion et la préservation de l'île Herschel, y compris à la fois de son patrimoine historique et de son patrimoine naturel. Un plan de gestion et un plan de préservation ont été établis, que se charge d'administrer un comité constitué de deux représentants du gouvernement territorial et de deux Inuvialuit. Le plan de préservation prévoit l'orientation à donner aux activités de mise en valeur et de sauvegarde du patrimoine historique dans les limites du parc. Conformément au mandat qui lui a été conféré en vertu de la Convention, la Direction du patrimoine du gouvernement du Yukon a entrepris, avec l'aide financière du gouvernement du Canada, un travail de recherche et de consolidation des structures. Ainsi, on a traité toutes les structures encore existantes qu'il était possible de traiter afin d'empêcher qu'elles se détériorent davantage sous l'effet des intempéries. Le but premier du plan de préservation est d'assurer la sauvegarde du patrimoine historique de l'île dans son état actuel, qui reflète le passage de chacune des périodes historiques. Cet objectif a préséance sur toute activité d'aménagement ou de restauration visant à accroître l'utilisation du parc ou à redonner aux lieux leur apparence ancienne. Des recherches ont été entreprises pour aider à la planification et au travail de préservation du parc, dont des fouilles archéologiques et d’autres analyses physiques, du dépouillement d'archives et un programme de transcription de l'histoire orale mené auprès des descendants des premiers habitants de l'île.

Le dépouillement d'archives a permis d'obtenir un volume considérable de données sur les faits historiques qui se sont déroulés sur l'île Herschel, mais, jusqu'à tout récemment, on en savait très peu sur l'histoire et le mode de vie traditionnel des Inuvialuit. Plus s'éloignait l'époque qui avait vu passer les baleiniers et autres groupes marquants de l'histoire de l'île Herschel, plus il pressait d'obtenir des Aînés inuvialuit leur version de la vie sur l'île et de son évolution. C'est ce à quoi s'intéressait le programme de transcription de l'histoire orale mené auprès d'eux. Les descriptions qu'ils nous ont données des faits et des gens qui ont façonné le passé de l'île nous ont énormément appris sur celle-ci et sur ses habitants et ont considérablement élargi notre vision de l'histoire.

Sites archéologiques

Fouilles archéologiques sur la flèche littorale Avadlek - juillet 1991
Fouilles archéologiques sur la flèche littorale Avadlek - juillet 1991

Il est parfois difficile de reconnaître les vestiges archéologiques que recèle l'île Herschel. Les huttes de terre sont sans doute parmi les vestiges les plus évidents de la présence humaine, et même elles ne sont souvent plus qu'un monticule de terre en forme de fer à cheval, couvertes la plupart du temps de fleurs sauvages. Les autres vestiges comme les carrières d'où on tirait la tourbe, les tertres et les caches ont souvent l'apparence de simples dépressions dans le sol. C’est pourquoi il est essentiel que les visiteurs sur l'île soient vigilants lorsqu'ils explorent le site d'établissement pour ne pas compromettre la valeur scientifique de ces ressources.

Depuis 1985, le financement des recherches archéologiques menées sur l'île Herschel provient du Programme d'initiatives pétrolières et gazières dans le Nord (PIPGN) du gouvernement fédéral. Combinées à celles recueillies antérieurement, ces données comptent parmi les études les plus exhaustives effectuées dans l'Arctique de l'Ouest.

Les vestiges fouillés jusqu'à présent sur l'île Herschel incluent la zone d'érosion, à l'est du site d'établissement, la flèche littorale Avadlek et le peuplement de l'anse Pauline. Les deux premiers sont des vestiges de sites thulé.

Le peuple thulé avait des connaissances en technologie marine très évoluées, axées sur la pêche à la baleine. On a mis au jour les vestiges de leurs habitations enfouies en partie avec leur contenu. Grâce au climat arctique, ces constructions millénaires - y compris les planchers en bois de grève fendu, les foyers pour la cuisson, les poteaux de soutènement, les restes des murs, les ouvertures pour les prises d'air, les couchettes et les petits artefacts, - sont étonnamment bien conservées. Bien que les activités des insulaires du siècle dernier aient presque entièrement couvert les vestiges des occupants précédents, les fouilles ont permis d'établir que l'anse Pauline a été un site de peuplement bien avant le XIXe siècle. Les artefacts permettent de suivre la transition entre la préhistoire et l'histoire, avec sa technologie et son mode de vie caractéristiques, et entre celle-ci et l'époque de la chasse à la baleine commerciale et les autres activités qui ont marqué le passé de l'île.

Nombre d'artefacts et de moules d'artefacts, aussi bien des spécimens de l'ère préhistorique que des objets historiques, sont en montre sur l'île. Il se peut aussi que les visiteurs trouvent sur l'île des objets oubliés sur les lieux ou abandonnés sur la grève par les eaux. Si c'était le cas, on vous saurait gré de laisser les objets sur place et de signaler leur emplacement aux conservateurs du parc. Ils pourraient servir à résoudre certaines énigmes concernant le passé de l'île Herschel et contribuer au plaisir de futures générations de visiteurs.

En plus de ceux qui se trouvent sur l'île même, le parc compte un autre vestige archéologique, mais sous-marin celui-là : il s'agit de l'épave du Triton, coulé à la pointe orientale de l'anse Pauline. Certains débris du Triton poussés sur la grève par les eaux sont maintenant en montre dans l’entrepôt à fanons.

Bâtiments de la Northern Whaling & Trading Company

En 1926, le capitaine Pedersen a fait construire trois bâtiments pour le compte de la Northern Whaling & Trading Company : un magasin, un entrepôt et un petit hangar

Magasin de la Northern Whaling & Trading Company
Magasin de la Northern Whaling & Trading Company

Le magasin.

D'une superficie de 6,2 m x 16,8 m, ce bâtiment à ossature de bois sans étage couronné d'un toit à pignon renforcé a été la première construction pourvue d'électricité sur l'île Herschel. Il était alimenté par un générateur qui se trouvait sur le bateau du capitaine Pedersen. La façade, qui donne sur le côté nord, est couverte de bois embouveté et peinte en blanc. Les autres murs et le toit sont recouverts de tôle galvanisée. Tout le mur ouest est flanqué d'une rallonge couverte d'un toit en appentis de 4 m de largeur ajoutée peu après l'érection du bâtiment principal. La structure est menacée par le double effet de l'érosion, qui mine le sol sous-jacent, et de la pression qu'exercent sur elle les glaces poussées par la mer. Pour le moment, elle sert d'entrepôt.

Le hangar.

D'une superficie de 4,7 m x 5,4 m, le hangar se caractérise par un toit légèrement incurvé qui formait à l'origine une partie de la cabine de pont d'un bateau. Un rajout en appentis de 4,7 m x 2,4 m longe le mur qui fait face au sud. Comme pour le magasin, on a recouvert le toit et la surface extérieure des murs de tôle galvanisée et laissé l'ossature de bois à découvert à l'intérieur.

L'entrepôt de douane canadienne.

Il s'agit d'un bâtiment sans étage couvert d'un toit à pignon d'une superficie de 7,6 m x 12,2 m. La surface extérieure des murs et le toit sont couverts de tôle galvanisée. L'ossature et le revêtement des murs ont été gravement endommagés par le feu qui a détruit en 1973 la maison Newport, anciennement adjacente à l'entrepôt.

Bâtiments de la Pacific Steam Whaling Company et de la G.R.C

La Pacific Steam Whaling Company a construit un premier entrepôt sur la flèche littorale Avadlek en août 1890. Une fois la construction terminée, les chasseurs sont partis en mer à la poursuite des baleines mais ont été surpris par les glaces dans l'anse Pauline le 18 septembre. Une trentaine de kilomètres les séparaient de leur ravitaillement; ils ont donc dû rapidement déménager leur entrepôt à l'anse Pauline. C'était la toute première structure en bois d'œuvre préfabriquée à être bâtie sur le site d'établissement, mais, hélas, elle n'existe plus.

En 1893, un nouveau bâtiment de la Pacific Steam Whaling Company voyait le jour à l'anse Pauline : la maison communautaire. Équipée d'une salle de loisirs, d'un bureau pour le gérant et le magasinier et d'espaces d'entreposage, cette maison allait passer aux annales comme la plus imposante de toutes les constructions érigées sur l'île Herschel. À son départ de l'île en 1896, l’entreprise a offert la maison au révérend Isaac Stringer, pour qu'il y prenne résidence et l'utilise comme lieu de culte pour l'Église anglicane, ce qu'il fit jusqu'en 1906. En 1911, la G.R.C. s'est portée acquéreur de l'ensemble des actifs de la Pacific Steam Whaling Company sur l'île Herschel pour la somme de 1 500 $.

L'île a servi de quartier général à la G.R.C. dans l'Arctique de l'Ouest de 1910 à 1931, date à laquelle le commandement a été transféré à Aklavik. À partir de ce moment et jusqu'à la réouverture du poste pour des affectations saisonnières en 1948, la Gendarmerie n'a patrouillé l'île que de façon intermittente, pour finalement s'en retirer de façon définitive en 1964. Maintenant, la maison communautaire sert aux différentes équipes de chercheurs scientifiques et aux représentants du gouvernement en mission sur l'île.

Le matériel qui a servi à la construction du bâtiment a été préfabriqué à San Francisco puis expédié dans les cales des baleiniers jusqu'à l'île Herschel. À l'exception du toit à pignon, la maison, qui occupe une superficie de 9,3 m x 17,7 m, était entièrement lambrissée de séquoia, à l'intérieur comme à l'extérieur. Même les portes étaient en séquoia. Au fil des années, elle a subi de nombreuses transformations : on a ajouté des porches, refait le parement des murs et la toiture de bardeaux, construit des cloisons à l'intérieur et installé la plomberie et l'électricité. On a par la suite rénové et repeint l'intérieur en vue de le rendre adéquat pour servir de bureau au personnel du parc et du kiosque d'information touristique.

Le bâtiment qu'on appelle l'entrepôt à fanons a été construit au milieu des années 1890. C'est là qu'a été entendue, en 1924, la première cause plaidée devant la cour dans l'Arctique. Les officiels de la cour venaient d'Edmonton et les jurés, de Fort McPherson, d'Arctic Red River et de l'île Herschel. Deux Inuvialuit ont été reconnus coupables de meurtre et pendus à l'une des poutres, laquelle poutre devait être enlevée par la G.R.C. en 1963. À partir de 1906, le bâtiment a servi de remise à la police.

L'entrepôt à fanons, bâtiment sans étage à ossature de bois avec toit à pignon, occupe une superficie de 12,4 m x 10,4 m. Les dimensions fournies pour la largeur incluent un rajout en appentis de chaque côté de la structure, soit le long des murs est et ouest, et mesurant environ 2 m de largeur chacun. À l'origine, le parement des murs était constitué de bardeaux de cèdre posés sur une toile, elle-même posée sur des panneaux de revêtement, et celui du toit, de bardeaux de cèdre cloués sur des panneaux de revêtement. Depuis, le toit a été refait en tôle ondulée, et son versant ouest repeint pour afficher un immense drapeau du Canada.

L'ossature du bâtiment original est en bois d'œuvre de 100 mm x 100 mm, alors que celle des ajouts allie rondins de bois de grève et petit bois d'œuvre. Il n'y a aucun revêtement intérieur, si bien que l'ossature est apparente. À une époque, les appentis servaient de chenils. À l'heure actuelle, le bâtiment sert de salle d'exposition et d'aire d'entreposage.

La structure qu'on appelle l'huilerie a été construite entre le milieu et la fin des années 1890. On suppose qu'elle avait une utilisation industrielle parce qu'il y a très peu de fenêtres mais de nombreux évents à lames aménagés dans les murs. Il s'agit d'une petite structure (8,5 m x 4,9 m) à ossature de bois avec toit à pignon. Le parement des murs est fait de bardeaux cloués sur des planches verticales et celui du toit, de bardeaux et de panneaux de revêtement. Comme il n'y a aucun revêtement intérieur, l'ossature est à découvert. À une certaine époque, l'huilerie était flanquée sur le côté ouest d'un bâtiment de superficie égale mais plus élevé, qu'on a détruit. L'huilerie sert à présent d'atelier aux conservateurs du parc.

La G.R.C. a converti deux cabanes situées dans la zone méridionale du site d'établissement en chenils, avec une aire d'entraînement clôturée pour les chiens. Les dossiers de la Gendarmerie indiquent qu'au cours des années 1940 et 1950, elle a fait l'élevage de chiens sur l'île Herschel. L'endroit se prêtait particulièrement bien à une telle entreprise, vu la facilité d'accès à de la chair de phoque fraîche pour nourrir les chiens et la disponibilité de cabanes où les loger.

Bâtiments de la G.R.C. - vers 1930. De gauche à droite : la caserne des officiers, le quartier général du détachement, l'entrepôt à fanons
Bâtiments de la G.R.C. - vers 1930. De gauche à droite : la caserne des officiers, le quartier général du détachement, l'entrepôt à fanons

La mission anglicane (mission Saint-Patrick)

Le révérend Stringer a tenté à maintes reprises, mais en vain, d'ériger une église sur l'île Herschel. En 1896, il avait même commandé le bois nécessaire, mais celui-ci n'a jamais été livré. Durant un certain temps, les familles Stringer et Whittaker ont utilisé la maison communautaire de la Pacific Steam Whaling Company comme résidence et lieu de culte pour l'Église. Après le départ du pasteur Whittaker en 1906, l'Église anglicane a été privée d'une présence permanente sur l'île jusqu'à ce que, en 1916, M. Stringer (ordonné entre-temps évêque) réussisse finalement à se faire envoyer les plans et le bois d'œuvre nécessaire à la construction d'une église. On a commencé la construction de la maison, mais on a dû interrompre les travaux par manque de matériau, la Compagnie de la Baie d'Hudson ayant décidé de vendre le bois requis pour terminer la construction à un autre acheteur. À son arrivée sur l'île dans la même année, le nouveau pasteur, M. Fry, proposa qu'on utilise le bois destiné à la construction de l'église pour finir la maison, afin que lui et sa famille puissent avoir un endroit où loger pour l'hiver. M. Whittaker (alors archidiacre du district de Mackenzie) et un groupe de volontaires venus de Fort McPherson se sont empressés de terminer les travaux.

La mission anglicane
La mission anglicane

Une fois achevée, la mission , une maison à étage mansardé avec toit à pignon, occupait une superficie de 6,1 m x 9,1 m. Bien qu'on ait pris toutes les mesures nécessaires, comme la construction de porches pour protéger les entrées, l'installation de contre-fenêtres et l'aménagement d'un remblai de gazon autour de la maison, le bâtiment s'est avéré pratiquement impossible à chauffer vu la piètre isolation.

Après 1919, on a déménagé la mission anglicane à Shingle Point, sur le versant nord du Yukon. Par la suite, elle a servi de gîte aux missionnaires itinérants comme Thomas Umaok, premier Inuvialuit consacré diacre à l'occasion d'une cérémonie spéciale officiée par l'évêque Stringer sur l'île Herschel en juillet 1927.

De longues années d'inoccupation et le manque d'entretien ont sérieusement miné l'état de la mission. On l'a dépouillée des matériaux qui constituaient son aménagement intérieur pour les utiliser dans d'autres structures, ce qui l'a rendue plutôt instable. Dans un effort pour la préserver et empêcher qu'elle ne s'écrase, on a renforcé la charpente à l'aide d'entretoisements.

Pour l'heure, une colonie de Guillemots à miroir y niche. Les visiteurs sont priés de se tenir loin de la maison, par respect pour ses occupants actuels et pour ne pas s'exposer inutilement aux risques que présente la structure.

Bâtiment du Corps royal canadien des transmissions

En 1924, le Corps royal canadien des transmissions a envoyé un récepteur radio à bord du Lady Kindersley pour livraison à l'île Herschel. L'île faisait partie des plans de l'organisme en vue de la mise sur pied d'un réseau de postes de radiotélégraphie tout le long du littoral arctique. Malheureusement, le Lady Kindersley a coulé au large de Point Barrow, en Alaska, en août. L'année suivante, les plans ont été modifiés et Aklavik devenait le nouvel emplacement pour la station principale et l'île Herschel, l'hôte d'une petite station-satellite, laquelle fut installée en 1930. Le bâtiment du C.R.C.T. a été construit la même année pour abriter le transmetteur et les opérateurs et c'est à cette fin qu'il a servi jusqu'en 1938. Par la suite, la G.R.C. l'a utilisé pour y loger les gendarmes spéciaux jusqu'à la dissolution du détachement. En 1954, la G.R.C. a acquis les titres de propriété de Thomas Umaok.

Station de transmission du Corps royal canadien des transmissions - 1990
Station de transmission du Corps royal canadien des transmissions - 1990

Le bâtiment du Corps royal canadien des transmissions est une structure préfabriquée de 6,5 m x 7,1 m avec un toit en croupe sur le versant sud duquel se dressent deux cheminées usinées. La surface extérieure des murs est couverte de bardage en cèdre et le toit, de feutre surfacé. Une antenne radio est fixée au mur qui donne sur le côté nord. Il ne reste rien de l'équipement et de l'antenne qui se trouvaient là originellement. Au fil des années, le bâtiment a subi plusieurs modifications. Ainsi, on a élargi et recouvert le porche et fait tomber le mur qui séparait ce qui constitue aujourd'hui la pièce orientée nord-est. À l'origine, l'aménagement intérieur comptait cinq pièces. On a restauré le bâtiment pour le rendre habitable par les conservateurs du parc.

Autres bâtiments

Le bâtiment no 10 a été construit vers 1894, probablement par le capitaine James McKenna. Il s'agit d'une construction à ossature de bois avec toit à pignon d'une superficie de 3,7 m x 5,6 m, construite avec le reste des matériaux utilisés pour la maison communautaire, notamment le bardage en séquoia, les châssis et les bardeaux de cèdre pour la toiture. La surface extérieure des murs est revêtue de bardage en séquoia, alors que l'intérieur est fini de panneaux de revêtement couverts de papier pour rendre l'habitation plus confortable.

On a découvert sur le bardage en séquoia original d'un des murs du bâtiment, sous les bardeaux de cèdre dont on l'avait depuis recouvert, le premier graffiti gravé sur l'île Herschel. On y lit : «R.E. Byrne May 7 94 Str Grampus». On pense qu'il aurait été l'œvre d'un des membres de l'équipage du baleinier Grampus appartenant à la flotte de la Pacific Steam Whaling Company. Le bâtiment est encore solide, bien qu'on l'ait dépouillé de la majorité des matériaux d'aménagement intérieur. Il sert actuellement de lieu d'entreposage.

Les bâtiments nos 11 et 12 figurent sur une photographie d'archives datant de 1893. On ne sait pas qui les a habités ni pendant combien de temps. Les deux bâtiments ont subi de nombreuses modifications depuis leur construction. Le bâtiment no 11 occupait à l'origine une superficie de 3,8 m x 4,7 m. On a construit un premier rajout, sur le côté sud, fait de bois et couvert de toile. Cette structure a été démolie à une époque lointaine et il n'en reste aucune trace en surface, si ce n'est une empreinte à peine discernable sur le mur sud du bâtiment. Un second rajout a été construit le long du mur puis agrandi à ses dimensions actuelles, soit 2,8 m x 4,7 m. La démolition d'une partie des murs aux endroits où les rajouts ont été construits a considérablement ébranlé la structure du bâtiment principal. Pour remédier à la situation, on a rebâti les sections de la charpente qui avaient été démolies.

Bâtiment no 12 tel qu'il se tenait avant les travaux de consolidation
Bâtiment no 12 tel qu'il se tenait avant les travaux de consolidation

Le bâtiment no 12 mesurait initialement 3,7 m x 4,6 m. L'extérieur est plutôt décoratif, avec ses murs revêtus de parement en planches sur barres, sa couverture bordée d'une rive ornementale en pignon et ses fleurons au sommet des murs pignons. On pense que le bâtiment a été agrandi une première fois par un rajout de 3,1 m en direction sud, dont le parement en planches sur barres reflète le souci du maître d'œuvre de respecter le style du bâtiment original. Un deuxième rajout, consistant en un hangar en appentis de 2,4 m x 3,1 m le long du mur est du bâtiment initial, a été suivi d'un dernier, également sous forme de hangar en appentis de 1,1 m x 3,6 m, attaché à l'extrémité sud du deuxième, toujours contre le mur est du bâtiment principal.

Cimetières

Le patrimoine historique de l'île Herschel compte quatre cimetières.

Grand cimetière inuvialuit - vers 1930
Grand cimetière inuvialuit - vers 1930

Le cimetière de la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest contient deux tombes : celle du sergent Selig, mort en 1911, et celle du gendarme Lamont, terrassé par l'épidémie de fièvre typhoïde qui a sévi sur l'île en 1918. Entre son arrivée sur l'île Herschel, en 1903, et son retrait définitif du territoire, en 1964, la police a coup sur coup porté le nom de Police à cheval du Nord-Ouest (de 1903 à 1904), de Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest (de 1904 à 1919) et de Gendarmerie royale du Canada (de 1919 à nos jours). La G.R.C. a entrepris la remise en état et l'entretien du cimetière de la police, y compris le remplacement des anciennes clôtures et épitaphes de bois par de nouvelles clôtures et pierres tombales en granit.

Les Inuvialuit ont deux cimetières sur l'île Herschel. Le plus grand des deux compte quelque 100 tombes, qui auraient été creusées entre 1895 et 1920. En outre, deux tombes anciennement situées au sommet du promontoire ont glissé jusqu'à leur emplacement actuel, au sud du cimetière. Le deuxième cimetière, situé au nord de celui de la police, contiendrait au moins dix tombes et aurait été utilisé jusque dans les années 1950. Traditionnellement, comme en font foi les photos d'archives, peu de cercueils d'Inuvialuit étaient enterrés, en raison notamment de la présence de pergélisol.

Les cimetières inuvialuit sont en piètre état. L'action combinée du gel et de l'altération climatique les a considérablement abîmés. Tous les objets en bois qu'ils contiennent se sont beaucoup amincis, surtout ceux qui se trouvent sur le côté exposé au vent. Le grand cimetière est en outre traversé par un cours d'eau intermittent, ce qui ajoute à l'érosion et à la décomposition naturelle du bois. Le sol lui-même subit les effets de l'érosion et la fonte localisée du pergélisol entraîne des glissements de terrain. La colline qui surplombe le cimetière est en train de s'affaisser et menace, à terme, d'ensevelir tout le site. Il n'y a pratiquement rien qu'on puisse faire pour sauver le grand cimetière; quoi qu'on fasse, la nature aura tôt fait de le réclamer. Les Inuvialuit eux-mêmes devront décider ce qu'il convient de faire concernant les tombes qui s'y trouvent.

Enfin, le cimetière des chasseurs de baleines contient 24 tombes creusées entre 1890 et 1916, plus une épitaphe symbolique à la mémoire du Triton, qui a coulé dans l'anse Pauline. Les épitaphes originales trouvées au cimetière des chasseurs de baleines sont entreposées à Whitehorse et ont été remplacées par des répliques en 1986.

Glacières

Dans les années 1890, on ne connaissait rien des méthodes de réfrigération actuelles. Les chasseurs de baleines avaient compris par contre qu'en mangeant régulièrement de la viande fraîche, ils étaient mieux à même de lutter contre les maladies comme le scorbut. Ils ont donc suivi l'exemple des Inuvialuit et creusé dans le pergélisol des glacières où ils entreposaient la viande fraîche et d'autres denrées qui devaient leur servir toute l'année. Ils s'approvisionnaient en viande fraîche par voie de troc avec les gens de la place, ou chargeaient les Inupiat, qu'ils avaient amenés avec eux d'Alaska expressément à cette fin, de chasser pour eux.

Glacières - vers 1930
Glacières - vers 1930

On creusait un trou de 2 à 2,5 m de profondeur dans le pergélisol à l'aide de dynamite puis on construisait à l'entrée un mur fait de rondins taillés courts sur lequel venait reposer l'extrémité d'une couche de rondins posés serrés les uns contre les autres pour former le toit en appentis. On construisait ensuite un petit vestibule pour protéger l'entrée et recouvrait le tout de gazon pour isoler les murs de pergélisol.

Trois de ces glacières se sont effondrées. On peut encore voir certains éléments de structure, comme les rondins qui ont servi à la toiture et les murs de l'entrée, mais les principaux vestiges sont les cavités creusées dans le sol. Deux glacières sont toujours debout, quoique l'une d'elle soit plutôt en mauvais état, vu la détérioration avancée de ses éléments de structure. Un des rondins de soutènement du toit a lâché et l'autre ne repose plus sur le mur arrière. On en a condamné l'accès et on a posé un panneau d'avertissement à proximité pour aviser les visiteurs du danger. L'autre glacière est en bien meilleur état et est toujours en usage. Son architecture diffère sensiblement de celle des autres, en ce qu'elle fait appel à des poteaux et à des poutres pour soutenir le toit. Il est préférable que les visiteurs s'abstiennent d'y pénétrer, mais on peut regarder du seuil. On vous demande cependant de veiller à bien refermer la porte avant de partir.

Bâtiments disparus

Il y a un certain nombre de bâtiments figurant sur les photographies d'archives de l'île Herschel qui malheureusement n'existent plus et sur lesquels les données sont rares.

Vue aérienne de l'île Herschel, 1936
Vue aérienne de l'île Herschel, 1936

En août 1915, la Compagnie de la Baie d'Hudson a détaché M. Christy Harding sur l'île Herschel pour y établir un comptoir et le gérer. Peu après son arrivée, M. Harding a fait construire, à divers endroits du site d'établissement, un magasin, une résidence, un dépôt de vente, un atelier, un chenil, une cache, une halle à charbon, des toilettes extérieures et un quai. En octobre 1915, la «Baie» ouvrait ses portes. Le commerce de la fourrure fut particulièrement mauvais cette année-là et les affaires traitées sur l'île Herschel ne se sont jamais avérées très lucratives pour la Compagnie de la Baie d'Hudson. L'île a servi de point de transbordement pour toute la marchandise expédiée aux divers comptoirs de la Compagnie de la Baie d'Hudson dans l'Arctique de l'Ouest jusqu'au naufrage du Bay Chimo. Par la suite, la Compagnie a décidé qu'il serait plus avantageux et plus sécuritaire d'acheminer la marchandise le long du fleuve Mackenzie, ce qui fit perdre toute son importance au comptoir de l'île Herschel. En 1937, il fermait ses portes et tous les bâtiments appartenant à la Compagnie étaient laissés à l'abandon. Un rapport rédigé par la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1943 fait état de la condition dans laquelle se trouve chaque bâtiment et en ordonne la démolition suivie du transfert de tout le matériel à Tuktoyaktuk. On ne sait pas si l'ensemble du matériel a été effectivement transféré, mais tout ce qui reste des bâtiments construits par la Compagnie de la Baie d'Hudson sont quelques monticules de terre qui tiennent lieu de vestiges archéologiques.

Figure également au nombre des bâtiments disparus la maison Newport bâtie entre 1890 et 1893 à côté de l'entrepôt de douane canadienne et originairement propriété de la Pacific Steam Whaling Company. La police s'en est servie en 1907 et en a fait l'acquisition avec le reste des actifs de l’entreprise en 1911.

Il s'agissait d'une maison de 6,5 m x 13 m faite en pin de l'Orégon, avec une véranda sur le côté sud. Les recherches indiquent que les murs et le toit étaient faits de deux couches de revêtement séparées par un espace en guise d'isolant et recouverts de bardeaux à l'extérieur. La police l'a utilisée comme entrepôt jusqu'en 1964, puis la maison a été rasée par les flammes en 1973. On a construit un nouveau bâtiment sur le même emplacement pour les visiteurs et les chasseurs qui séjournent sur l'île.

On pense que le bâtiment connu sous le nom de «maison des pionniers» serait l'entrepôt qu'avait construit la Pacific Steam Whaling Company en 1890 sur la flèche littorale Avadlek puis déménagé à l'anse Pauline. Et ce serait ce même bâtiment que la police a acheté de la Pacific Steam Whaling Company et baptisé le hangar à bois. Quoi qu'il en soit, le bâtiment a été démoli par la police et les matériaux ont servi à la construction de postes de patrouille le long de la côte.

Les dossiers font état de la construction d'une forge à l'anse Pauline, mais les photographies d'archives ne montrent aucune structure qui pourrait correspondre.

Ont également disparues les huttes de terre des Inuvialuit et des premiers Euro-Américains. Il y aurait eu trois périodes architecturales distinctes de huttes de terre sur l'île Herschel : une première qui renvoie aux Inuvialuit du delta de Mackenzie, datant d'avant l'arrivée des Euro-Américains; une deuxième après leur arrivée; et une troisième, attribuée plus particulièrement aux Euro-Américains et caractérisée par des habitations de plus grande taille.

Les huttes de terre dans le style original des Inuvialuit du delta de Mackenzie étaient enfouies en partie. On utilisait un rondin comme poteau d'angle à chaque coin et du bois de grève pour les murs et le toit, qu'on couvrait ensuite de tourbe. La pièce principale était de petite dimension, soit environ 3 m x 3 m. La construction suivait un plan cruciforme, avec deux côtés et une alcôve à l'arrière, également de petites dimensions, soit 2,5 m x 2 m. Ces huttes étaient équipées de prises d'air encastrées, de planchers de bois fendu, de couchettes et d'un foyer pour la cuisson.

Les huttes de la deuxième période semblent avoir été plus spacieuses et avoir délaissé la forme cruciforme. On utilisait toujours le bois de grève pour les murs et le plafond, mais des éléments nouveaux ont fait leur apparition, comme des caisses d'emballage, des châssis et des portes.

Les huttes de la troisième génération se distinguaient par leur modernité. Le bois de grève s'étant fait de plus en plus rare à cause de son usage comme combustible, il a fallu intégrer de nouveaux matériaux à la structure. À mesure que les méthodes de construction et les matériaux privilégiés par les Euro-Américains se répandaient, l'architecture des huttes se modifiait. Les constructions en rondins de bois de grève ont peu à peu cédé le terrain aux maisons à ossature de bois débité et l'intégration de châssis et de portes est devenue monnaie courante.

On sait que certains chasseurs de baleines qui ont vécu sur l'île Herschel habitaient dans des huttes de terre. Ce fut également le cas du couple Stringer à son arrivée sur l'île en 1896 et du premier détachement de la Police à cheval du Nord-Ouest à son arrivée en 1903.

Renseignements

Une collection d'artefacts, des photographies et divers documents de recherche sont en montre dans deux bâtiments, soit la maison communautaire de la Pacific Steam Whaling Company et l'entrepôt à fanons. On y trouve aussi du matériel audiovisuel. La maison communautaire loge également le kiosque d'information touristique et le bureau du personnel du parc.

Quelques spécimens archéologiques :
(en haut) pointe de flèche (en bas) tête de harpon
Quelques spécimens archéologiques : (en haut) pointe de flèche (en bas) tête de harpon

Pour de plus amples renseignements sur le patrimoine historique de l'île Herschel, veuillez vous adresser à la

Direction du patrimoine
Ministère du Tourisme
Gouvernement du Yukon
C.P. 2703 Whitehorse (Yukon)
Y1A 2C6
(867) 667-5386

Pour de plus amples renseignements sur le parc territorial de l'île Herschel et les installations aménagées pour les visiteurs, veuillez vous adresser à la :

Direction des parcs et des loisirs
Ministère des Richesses renouvelables
Gouvernement du Yukon
C.P. 2703 Whitehorse (Yukon)
Y1A 2C6
(867) 667-5648

Plan coupé d'une hutte de terre

 

 

 

 

Plan coupé d'une hutte de terre

Bibliographie sommaire

BOCKSTOCE, John R. (1986) :
Whales, Ice & Men:
The History of Whaling in the Western Arctic, Seattle, presses
de l’Université de Washington en collaboration avec le New
Bedford Whaling Museum.


INGRAM, Rob et Helene DOBROWOLKSY (1989) :
Waves Upon the Shore: A Historical Profile of Herschel Island,
Whitehorse, Direction du patrimoine, ministère du
Tourisme, gouvernement du Yukon.
Inuvialuit Pitqusiit: The Culture of the Inuvialuit,
Yellowknife, ministère de l’Éducation, gouvernement des
Territoires du Nord-Ouest, 1991.


MORRISON, William R. (1985) :
Showing the Flag:
The Mounted Police and Canadian Sovereignty in the North.
1894-1925, Vancouver, presses de l’Université de la
Colombie-Britannique.


NAGY, Murielle (1993) :
Yukon North Slope Inuvialuit
Oral History, Collection Hude Hudän, premier cahier horssérie
sur l'histoire du Yukon, Whitehorse, Direction du
patrimoine, ministère du Tourisme, gouvernement du Yukon.

Flotte baleinière en campagne dans l'Arctique devant l'île Herschel, mai 1895
Flotte baleinière en campagne dans l'Arctique devant l'île Herschel, mai 1895


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Maison inuvialuit - vers la fin des années 1920
Maison inuvialuit - vers la fin des années 1920