Cliquez sur les bâtiments ombragés pour en avoir la description
Cliquez ici pour lire l'introduction
Introduction: Votre guide
Fort Selkirk est un site patrimonial et culturel vivant, de même qu’un lieu spécial pour tous ceux et celles qui y viennent. Pour la Première nation Selkirk, c’est une partie de son territoire ancestral et un lieu de renouvellement spirituel et culturel. Pour les gens du Yukon, c’est un précieux témoin du passé. Fort Selkirk offre aux visiteurs un coup d’œil sur la façon de vivre des autochtones ainsi que sur l’histoire du commerce et de l’établissement euro-américain dans le Nord.
Le présent guide vous donne un bref aperçu de l’histoire de Fort Selkirk et une description de ses richesses historiques. Au cours de votre exploration des lieux, rappelez-vous que c’est un important site archéologique. Fort Selkirk est exceptionnel tant pour la quantité et la qualité des objets qu’on y trouve que pour l’état des bâtiments originaux et son paysage intact. Nous vous invitons à respecter la terre et les richesses historiques qu’elle recèle. La règle à suivre est la suivante : Ne prendre que des photos et ne laisser que des empreintes de pas.
Fort Selkirk: lieu de rencontre
Fort Selkirk est situé au confluent de deux cours d’eau importants, la rivière Pelly et le fleuve Yukon. Établi sur un site plat idéal pour l’habitation, près de bonnes terres de chasse et de bons sites de pêche, Fort Selkirk est un lieu de rassemblement depuis de nombreuses années. Un réseau de vieux sentiers et chemins, témoins de la rencontre des cultures pendant des générations, convergent vers Fort Selkirk. Encore visibles derrière le village, ils nous invitent à côtoyer le passé.
Territoire ancestral des Tutchone du Nord

Il y a longtemps que ce site est habité. Les aînés de la Première nation Selkirk racontent dans leurs histoires l’éruption volcanique qui a eu lieu il y a environ 7 000 ans. Des outils de pierre découverts près de Fort Selkirk ont 8 000 et même 10 000 ans. La découverte de l’autre côté du fleuve d’ossements de caribou vieux d’un million trois cent mille ans indique qu’il existait une source alimentaire importante bien avant que des gens n’habitent la région. La tradition orale et les objets trouvés près de Fort Selkirk nous renseignent sur les gens qui y ont vécu il y a très longtemps.
Les Tutchone du Nord de la région du cours inférieur de la Pelly s’arrêtaient ici pendant leur ronde saisonnière. Suivant les migrations de poisson et de gibier dont ils dépendaient pour leur survie, ils parcouraient un grand territoire, dont le cours supérieur de la Pelly et de la Macmillan. Ils chassaient le bison des bois qui était présent dans la région jusqu’à il y a quelques centaines années. Ils chassaient également le caribou, le mouflon ainsi que l’orignal et piégeaient le lynx, le rat musqué de même que le castor. Fort Selkirk était un important site de pêche où les groupes familiaux venaient chaque été pendant la montée du saumon.
Les gens utilisaient des abris en branchages, ouverts du côté où se trouvait le foyer et recouverts de peaux d’orignal ou de caribou. Faciles à monter et à défaire, ces abris convenaient aux nomades.
Des Tutchone et des autochtones d’autres régions se rencontraient à Fort Selkirk pour faire du commerce et tenir des festivités. Les Tutchone du Nord qui vivent maintenant à Mayo et à Carmacks, de même que les Han qui vivent aujourd’hui à Dawson fréquentaient le territoire ancestral de la Première nation Selkirk. Il arrivait que des Dene des montagnes de la région de Fort Norman sur le fleuve Mackenzie s’y rendent en descendant la rivière Macmillan.
Les histoires des Premières nations décrivent Fort Selkirk comme un lieu animé où l’on élevait sa famille et renouvelait des amitiés après les voyages d’approvisionnement en nourriture, où les gens dansaient et s’adonnaient au jeu de bâtonnets. Il y a encore des gens qui pratiquent ce mode de vie traditionnel et aujourd’hui des jeunes de la Première nation Selkirk retournent à Fort Selkirk pour apprendre de leurs aînés les façons ancestrales et pour célébrer leur patrimoine. Des générations d’ancêtres sont enterrées à Fort Selkirk.
Poste de commerce et d’approvisionnement

Les Chilkat, un peuple tlingit qui vit sur la côte de l’Alaska, étaient les partenaires commerciaux des Tutchone du Nord et de fréquents visiteurs à Fort Selkirk. Les partenariats économiques et les mariages entre les deux peuples permettaient de garder la paix durant les négociations. Les Tutchone du Nord échangeaient des fourrures, des peaux et des vêtements contre des objets provenant de la côte, tels que des coquillages, de l’ivoire de morse, du vermillon, de l’obsidienne, de la graisse de phoque, de l’huile d’eulachon, des palourdes séchées, des algues de même que des herbes et des racines médicinales. Au début des années 1790, les Chilkat ont apporté des objets obtenus des Européens, tels que des armes à feu, des couvertures de laine, du thé et du tabac.
En 1848, Robert Campbell a descendu la rivière Pelly pour établir un comptoir de la Compagnie de la Baie d’Hudson au confluent de la rivière et du fleuve. Il a nommé le site Fort Selkirk. Quatre ans plus tard, il a déplacé le bâtiment en terrain plus élevé, où il se trouve actuellement. Il a également pris les dispositions nécessaires pour s’approvisionner à Fort Yukon qui était desservi par une route plus fiable et plus rentable que celle utilisée par Campbell précédemment. La nouvelle route d’approvisionnement a permis à Campbell de faire concurrence aux Chilkat, partenaires de troc de longue date du peuple de Selkirk. Les Chilkat ont réagi au défi lancé à leur monopole en pillant Fort Selkirk en 1852. Campbell s’est sauvé et a été secouru par le chef selkirk, Hanan. En signe de gratitude, Campbell lui a donné son nom, nom que les descendants du chef utilisent encore aujourd’hui. Après son sauvetage, Campbell est descendu au Minnesota, en raquettes pour une bonne part, puis de là il s’est rendu à Montréal où il a tenté, en vain, de persuader ses supérieurs d’organiser une attaque contre les Chilkat.
Il s’est écoulé quarante ans avant qu’un autre comptoir ne soit établi à Fort Selkirk. C’est en 1892 qu’Arthur Harper y a ouvert un magasin qui fut suivi de plusieurs autres, dont Schofield and Zimmerlee de même que Taylor & Drury. La dernière entreprise à faire des affaires à Fort Selkirk a été celle qui avait été la toute première. La Compagnie de la Baie d’Hudson, de retour en 1938, a été en affaires pendant 13 ans, jusqu’à l’abandon de Fort Selkirk.
Noyau du transport et des communications
Depuis toujours, le transport et les communications dans la région convergeaient vers Fort Selkirk. Pistes et cours d’eau permettaient aux autochtones de se déplacer sur leur immense territoire. Plus tard, une portion de la route d’hiver entre Dawson City et Whitehorse se rendait à Fort Selkirk. En été, les bateaux à aubes s’y arrêtaient. De 1896 à 1898, Jack Dalton a utilisé la piste des Chilkat pour établir une route terrestre de la côte jusqu’au centre du Yukon. L’arrivée de la ligne télégraphique du gouvernement, en 1899, a relié Fort Selkirk au reste du monde. Le premier avion y a atterri en 1922 et la construction d’une piste d’atterrissage en 1938 a renforcé le lien entre Fort Selkirk et «l’extérieur».

Lorsqu’en 1950 on a terminé la route de Mayo, les bateaux à aubes ont cessé de naviguer sur le cours supérieur du fleuve Yukon et le bureau de télégraphe a fermé ses portes. Les services communautaires de même que les emplois ont disparu et les membres de la Première nation Selkirk ont déménagé à Pelly Crossing, situé sur la nouvelle route.
Puissance et souveraineté
Il était nécessaire pour la Première nation Selkirk d’avoir des chefs puissants, comme l’ont été Thlingit Thling, Hanan et le Gros Johnathan. Parce que Fort Selkirk était bien situé pour le transport, la chasse, la pêche, le commerce et la colonisation, il y avait de nombreux conflits pour l’obtention du pouvoir et de la souveraineté sur le site. Le pillage de Fort Selkirk par les Chilkat en est un exemple.
Les Chilkat ont conservé leur monopole sur le commerce en restreignant l’accès aux cols de montagnes jusqu’en 1880, année où ils ont permis à un groupe de prospecteurs d’utiliser la piste du col Chilkoot et d’accéder au réseau hydrographique du fleuve Yukon. Les explorateurs euro-américains ont suivi. En 1883, Frederick Schwatka a conduit une expédition de l’armée des États-Unis au-delà de la piste Chilkoot, jusqu’au cours supérieur du fleuve Yukon. En 1887, le gouvernement du Canada a envoyé un géologue, George Dawson, et un arpenteur, William Ogilvie, faire un relevé cartographique de la région en vue de l’affermissement des intérêts canadiens. Lorsque le Yukon est devenu un territoire en 1898, on a sérieusement songé à Fort Selkirk comme capitale.
|
Aujourd’hui, après vingt ans de négociations entourant les revendications territoriales des autochtones du Yukon, la Première nation Selkirk réaffirme ses droits sur ses terres ancestrales. |
Missionnaires
Dans les années 1890, les missionnaires anglicans et catholiques se disputaient la souveraineté religieuse dans la région. En 1892, le révérend T. H. Canham a établi la mission anglicane St. Andrew’s à Fort Selkirk. L’Église y a maintenu une mission jusqu’en 1953. Elle a remplacé par ses propres pratiques religieuses de nombreuses cérémonies traditionnelles, comme les rites associés à la puberté ainsi qu’aux funérailles, et a profondément marqué le peuple de Selkirk. En plus d’introduire le christianisme, l’école de la mission anglicane a enseigné la langue anglaise de même que la lecture et l’écriture qui étaient devenues nécessaires dans la société de l’Après-Ruée vers l’or.
Trois missionnaires catholiques ont construit l’église catholique romaine Saint-François-Xavier sur le site en 1898, au moment où la rumeur que Fort Selkirk allait peut-être devenir la capitale du Yukon battait son plein. Après le départ de la milice du Yukon en 1899, la population catholique a presque disparu et l’église a fermé ses portes. En 1942, le père Marcel Bobillier, un prêtre missionnaire qui a travaillé au Yukon pendant plus de 50 ans, a rouvert l’église catholique de Fort Selkirk et y a tenu une mission pendant dix ans.
Présence du gouvernement

L’arrivée de la Police à cheval du Nord-Ouest et de la milice du Yukon pendant la Ruée vers l’or a confirmé la souveraineté du Canada au Yukon. La milice est arrivée à Fort Selkirk en 1898 et a construit, avec l’aide d’entrepreneurs civils, un complexe militaire de 11 grands bâtiments en rondins et un terrain de manœuvres. Le gouvernement du Canada avait envoyé la milice dans le Nord pour maintenir l’ordre pendant la Ruée vers l’or et faire en sorte que le grand nombre d’Américains qui envahissaient les champs aurifères ne constituent pas une menace pour la souveraineté du Canada sur la région. La milice n’est pas restée longtemps. Le printemps suivant son arrivée, deux cents soldats étaient envoyés à Dawson City ou dans le Sud.
C’est également en 1898 que la Police à cheval du Nord-Ouest a construit un petit poste à Fort Selkirk. Ce dernier faisait partie d’une série de postes établis le long du fleuve Yukon pour maintenir l’ordre pendant la Ruée vers l’or du Klondike. La circulation fluviale et la population de Fort Selkirk ont décliné après la Ruée vers l’or et le détachement a fermé ses portes en 1911. En 1932, la Gendarmerie royale du Canada a rouvert un poste de police à Fort Selkirk pour servir une population grandissante.
Le caporal G. I. Cameron a dirigé le détachement de 1935 à 1949. «Cam» et sa famille sont devenus des membres très respectés de la communauté. Le caporal accomplissait toutes les fonctions qui pouvaient incomber au seul représentant du gouvernement : faire respecter la règlementation sur la chasse, accueillir les voyageurs qui arrivaient par bateau ou par avion, distribuer les médicaments, extraire les dents et aider aux enterrements. Aussi, il patrouillait la région en été comme en hiver. Lorsqu’il s’absentait, c’était sa femme Martha qui faisait respecter l’ordre à Fort Selkirk.
Communauté multiculturelle
Pendant 60 ans, Fort Selkirk a été le lieu d’habitation des autochtones de Selkirk et des colons euro-américains. Malgré leurs différences apparentes, les deux groupes avaient bien des choses en commun. Les deux peuples vivaient de la terre à des degrés différents; tout le monde achetait dans les mêmes magasins et fréquentait les mêmes églises. Les autochtones participaient à l’économie locale en travaillant en saison dans les camps de bûcherons, en descendant des radeaux de bois de chauffage jusqu’à Dawson City ainsi qu’en faisant du piégeage, de la chasse et de la pêche à des fins commerciales. Ils ont souffert des changements sociaux, des maladies et d’autres problèmes liés à l’arrivée des Euro-américains à Fort Selkirk, mais ils se sont adaptés aux changements et les deux peuples vivaient en harmonie.
Tout comme leurs ancêtres, les autochtones parcouraient leur territoire une partie de l’année. À Fort Selkirk, ils vivaient dans des tentes ou de petites cabanes pratiques et faciles à chauffer. Les Euro-américains construisaient habituellement des bâtiments plus spacieux et plus permanents. À Fort Selkirk, les hivers sont extrêmement froids, avec des chutes de neige modérées et des jours très courts de novembre à janvier. Pour se tenir au chaud, les gens chauffaient les poêles à bois et les cheminées de fabrication artisanale à la limite; par conséquent, les incendies étaient fréquents. À cinquante degrés au-dessous de zéro, lorsque le fleuve était gelé dur, un feu de cheminée se terminait souvent par la perte du bâtiment. Les hivers rigoureux et l’isolement forçaient les gens à compter les uns sur les autres, ce qui créait une communauté étroitement liée.
Vie communautaire

Avant la venue des Euro-américains, les autochtones qui vivaient dans les environs de Fort Selkirk passaient l’été à pêcher et à faire du commerce. Une fête soulignait la prise du premier saumon de la saison, qui était cuit immédiatement et partagé entre toutes les personnes du camp. Au début de l’hiver, les gens se rassemblaient une deuxième fois dans la région de Fort Selkirk pour célébrer le solstice. Ils se régalaient alors de gibier et de poisson prélevés dans les caches remplies pendant l’été. Ils s’adonnaient à des jeux et s’offraient des cadeaux. Ces rencontres servaient, entre autres choses, à resserrer les liens de parenté. Plus tard, fréquenter l’église et l’école est devenu partie de la vie courante des autochtones à Fort Selkirk. De grands rassemblements ont continué d’avoir lieu à Noël, lors de funérailles et de potlatchs. Des gens de partout au Yukon ont des racines à Fort Selkirk.
Préservation et gestion de Fort Selkirk

Aujourd’hui, Fort Selkirk est un lieu de rencontre moderne qui permet aux touristes et à d’autres voyageurs de faire connaissance avec les membres de la Première nation Selkirk. Depuis 1984, le gouvernement du Yukon a investi dans la stabilisation et la protection de Fort Selkirk. La Direction du patrimoine et la Première nation Selkirk travaillent ensemble à la préservation, au développement et à l’interprétation du site pour le bénéfice des tous les Yukonnais et des visiteurs.
Visite de Fort Selkirk à pied
Fort Selkirk est né avant la Ruée vers l’or; c’est un des plus anciens sites habités au Yukon. Les bâtiments que vous y voyez ont été stabilisés pour stopper leur détérioration. Beaucoup d’entre eux sont dans le même état qu’au moment de leur abandon en 1950. Une promenade à travers le site vous donnera une idée de la vie des autochtones et des non-autochtones à l’époque. Quelques-uns des points les plus intéressants sont décrits ci-dessous, en commençant par ceux qui sont à la fois les plus près du terrain de camping et les plus éloignés du village. Vous pouvez aussi emprunter un des sentiers qui mènent au cimetière de la Première nation, à la falaise Victoria, à la ferme Swinehard, à la piste d’atterrissage ou au cimetière de la milice du Yukon.
Cimetière de la Première nation Selkirk

Le cimetière est situé à une courte distance de l’église catholique. Il compte plus de 100 sépultures dont certaines datent de la fin du XIXe siècle, époque où les missionnaires chrétiens ont banni les pratiques d’enterrement et de crémation traditionnelles. Malgré cette interdiction, le peuple de Selkirk a continué à respecter certaines traditions, dont l’utilisation de totems pour indiquer leur clan, et l’utilisation de dessins symboliques peints. Certains de ces dessins sont encore visibles sur les plus anciennes maisonnettes des défunts. Avec le temps, le style des sépultures a aussi changé, passant des maisonnettes faites à la main décorées de dessins peints et de sculptures aux belles clôtures très ornementées, également faites à la main, avec des totems sculptés. Plus tard, on a utilisé des clôtures plus grosses de fabrication commerciale, en bois tourné et en métal avec du grillage de jardin. Le cimetière est un lieu sacré pour la Première nation Selkirk. Veuillez le respecter en vous y comportant comme si c’était le dernier lieu de repos de votre famille.
Église catholique romaine Saint-François-Xavier

34. Construite en 1898, c’était la deuxième église catholique érigée au Yukon. Elle a fermé ses portes un an plus tard en raison du déclin de la population. En 1942, le père Bobillier a rétabli la présence catholique à Fort Selkirk. Sa première tâche a été de déménager l’église de son site près du fleuve jusqu’à son site actuel lorsqu’il a appris que l’Église n’était pas propriétaire du terrain où l’édifice était situé. Le père «Bob» a aussi déplacé l’autel vers l’avant pour aménager un endroit où vivre à l’arrière de l’église. Le bâtiment en rondins est de style français construit pièce sur pièce, un style inhabituel au Yukon.
Maison et remise de Charlie Stone

32/33. Charlie Stone, télégraphiste à l’emploi du gouvernement, a commencé à construire sa maison en 1935. Il voulait en faire la résidence de sa mère, mais cette dernière est décédée avant la fin de la construction. Plus tard, lorsqu’il s’est marié, la cérémonie a eu lieu dans un appentis à l’arrière de la maison. La maison Stone était considérée comme l’édifice le plus moderne de Fort Selkirk et le seul ayant les toilettes à l’intérieur. Le télégraphiste utilisait la remise derrière la maison pour y garder des fils électriques et d’autres fournitures. En 1947, l’Église anglicane a acquis la maison pour en faire un presbytère, mais avant que le prêtre anglican n’y déménage, Fort Selkirk était abandonné.
Cabanes de trappeurs euro-américains
Ces trois cabanes dans la partie centrale du village sont typiques des cabanes de trappeurs du Yukon. Elles sont petites et de construction simple, habituellement d’une seule pièce avec parfois une petite annexe. Elles étaient construites dans le but de loger une ou deux personnes pendant une saison et elles remplissaient bien leur rôle.
31. La cabane Armstrong semble avoir été construite au début des années 1920, probablement par Neville Armstrong, mineur d’or au ruisseau Russell, un affluent de la rivière Macmillan, et organisateur d’excursions de chasse au gros gibier. Le bâtiment a été utilisé comme école en 1925 et 1926, puis comme résidence et bureau de télégraphe.

27. La cabane Larsen/Lankins a été construite en 1940 par deux trappeurs américains qui exploitaient un comptoir commercial sur le cours supérieur de la rivière Macmillan. La cabane était utilisée l’été. L’hiver, les deux partenaires retournaient au comptoir du ruisseau Moose où ils exploitaient également un territoire de piégeage. La propriété autour de la cabane ressemble beaucoup à ce qu’elle était il y a 50 ans. Avec ses niches et ses autres dépendances, c’est une propriété de trappeur typique.

21. La cabane Devore date du début des années 1930. La cabane et la remise ont été construites par George Devore qui faisait du piégeage près de Fort Selkirk en hiver et de l’exploitation minière dans la région de la rivière Selwyn en été. Après la mort de sa femme au début des années 1940, Devore a vendu sa cabane à G. I. Cameron, de la G.R.C., qui y a habité avec sa famille. La cabane est plus décorée que la plupart des autres cabanes et on croit que c’est parce que Madame Devore a eu son mot à dire dans sa conception et sa décoration.
26. Ce bâtiment a probablement été construit vers 1900 pour abriter l’hôtel Dominion. Une petite annexe pentue sur le côté est a déjà servi de bar. De l’autre côté de l’édifice, il y avait des stalles pour les chevaux. En 1900 et en 1901, une route d’hiver grossière passait à Fort Selkirk, traversant le fleuve Yukon juste en aval de la falaise Victoria. Une autre route, la piste Dalton, partant de Haines en Alaska prenait fin à Fort Selkirk. Après que la firme commerciale Taylor & Drury a pris possession du bâtiment, vers 1920, les stalles des chevaux ont servi à entreposer des marchandises. Le gérant habitait à l’arrière de l’édifice principal où se trouvaient la salle à manger de l’hôtel et la cuisine. Le T & D est le seul bâtiment commercial encore présent à Fort Selkirk.

23. Cette écurie a probablement été construite au début du siècle comme une dépendance de l’hôtel Dominion. À l’époque, un hôtel qui voulait obtenir un permis de vente d’alcool devait pouvoir abriter six chevaux et héberger leurs propriétaires. Plus tard, Taylor & Drury a utilisé l’écurie comme entrepôt. Ce bâtiment a été reconstruit en grande partie.

Édifices de l’Église anglicane
30. L’église St. Andrew’s est un des trois bâtiments de la mission de l’Église anglicane qui existent encore. Construite en 1931, l’église a été consacrée par le révérend I. O. Stringer. Faite à partir de matériaux tirés des baraques de la milice du Yukon, c’est le seul bâtiment conçu par un architecte. L’édifice est le plus élaboré de Fort Selkirk et un site bien connu et souvent photographié le long du fleuve Yukon. Autrefois point central de la communauté, l’église a été utilisée à l’occasion pour des offices religieux depuis 1953, après le départ pour Minto du dernier ministre résident, Kathleen Cowaret.

29. Le presbytère a été construit en 1893 pour servir d’habitation aux ministres du culte, dont Thomas Henry Canham, qui a probablement construit le presbytère, et l’évêque Stringer. L’hiver, on utilisait la pièce du devant comme école pour éviter de chauffer deux bâtiments. L’édifice est fait de rondins équarris assemblés à queue d’aronde. Il a conservé une bonne partie de sa finition originale et de ses meubles.

28. L’école (1892), probablement construite par le révérend Canham, serait la plus vieille structure encore debout au Yukon. Elle a rendu de grands services à la communauté et a servi de lieu du culte jusqu’à la construction de l’église en 1931, temporairement d’hôpital et de club pour hommes, mais sa vocation d’école a persisté jusqu’à l’abandon de Fort Selkirk. L’édifice a conservé de nombreux meubles originaux.

20. Construite dans la deuxième moitié des années 1920 par Afe Brown, un trappeur de la région, cette cabane est semblable à celle de la milice du Yukon même si elle a été construite beaucoup plus tard. En 1932, la G.R.C. a loué cette cabane du marchand de la place. Ses occupants les plus connus ont été la famille de G. I. Cameron, qui y a vécu de 1935 à 1949. Le caporal utilisait une pièce du devant comme bureau. Lorsque le télégraphiste partait en patrouille pour réparer les fils, Martha Cameron le remplaçait, mais elle apportait le matériel chez elle.

Cabane, atelier et garage Coward
17. Construite en 1898, la cabane Coward était la résidence des officiers de la milice du Yukon. C’est une des trois seules cabanes de la milice qui existent encore. Alex Coward a pris ce bâtiment du complexe de la milice dans les années 1920 et l’a déplacé à son site actuel. C’était un homme à tout faire bien connu qui pouvait construire, déplacer et réparer n’importe quoi. Il a vécu ici avec sa femme, Kathleen Cowaret (Martin), qui a été longtemps missionnaire laïque anglicane. M. Coward a ajouté une cuisine au coté est et un porche à l’arrière.

16. L’atelier de M. Coward était dans l’atelier d’usinage. La variété et la quantité d’articles qu’on voit dans l’atelier laissent entendre que M. Coward était un collectionneur. L’isolement de Fort Selkirk forçait les résidents à être prêts à toute éventualité, ce qui voulait dire garder tout ce qui pouvait servir.

15. Le garage, également construit en 1898, était à l’origine la salle de garde de la milice et se trouvait à côté du bureau d’administration. La salle de garde comportait six cellules, mais on n’a aucun dossier ni aucun souvenir qui laisse entendre qu’il y ait jamais eu de prisonnier. La Police à cheval du Nord-Ouest a utilisé le bâtiment pendant un certain temps avant que ce dernier ne devienne une résidence. Vers 1947, M. Coward a déplacé l’édifice sur le site actuel pour l’utiliser comme garage et entrepôt. Déplacer et adapter les bâtiments selons les besoins du moment était une pratique courante à Fort Selkirk et dans d’autres localités du Yukon.

Site de la Compagnie de la Baie d’Hudson
14a. Le comptoir de la Compagnie de la Baie d’Hudson établi par Robert Campbell en 1852 était installé à l’arrière de cette propriété. Peu après sa construction, les Chilkat l’ont pillé. Plus tard, une autre firme commerciale, Schofield and Zimmerlee s’est installée sur le même site. Lorsque la Compagnie de la Baie d’Hudson est revenue à Fort Selkirk après 86 ans d’absence, elle a acheté le magasin de Schofield and Zimmerlee. Après avoir utilisé le bâtiment illustré à gauche pendant plusieurs années, la Compagnie de la Baie d’Hudson l’a démoli. La fondation en ciment que vous voyez est tout ce qui reste de l’édifice moderne que la Compagnie a construit dans les années 1940. Au début des années 1950, le magasin a été transporté à Nelson Forks près de Fort Nelson à bord de certains des derniers bateaux à aubes à naviguer sur le cours supérieur du fleuve.

Cabanes et caches appartenant à des membres de la Première nation Selkirk
Après la Ruée vers l’or, les colons euro-américains ont aménagé le village en blocs uniformes. Les membres de la Première nation se sont vu assigner une réserve à l’extérieur du village, qu’ils n’ont d’ailleurs jamais occupée. Le peuple de Selkirk a continué à vivre du côté du cours supérieur du fleuve, site de son camp traditionnel. Les cabanes servaient en saison lorsque les autochtones revenaient de leurs territoires de chasse et de piégeage. Les cabanes des personnes décédées étaient ordinairement démolies ou brûlées en signe de respect.
Les caches étaient élevées ou au niveau du sol et servaient à entreposer la viande, le poisson et les petites fruits pour l’hiver. Les fourrures et d’autres biens précieux, comme les harnais en cuir pour les chiens, étaient aussi mis à l’abri des animaux. Chaque famille avait quatre ou cinq caches, parfois même une sous le plancher de leur cabane.
14. Joe Roberts aurait construit sa cabane autour de 1916, année de parution d’un journal utilisé comme calfeutrage.
![]()
13. La cabane Baum a probablement été construite par Andrew Baum entre 1915 et 1925. La famille Baum y habitait lorsqu’elle n’était pas occupée à la coupe de bois pour les vapeurs ou au piégeage au ruisseau Selwyn.
![]()
12. La cabane Anderson, partiellement écroulée, a été construite par Johnny Anderson au milieu des années 1930 après son mariage avec Sophie Abraham, la fille du Vieil Abraham.

11. Le Vieil Abraham (Shi en tutchone du nord) et sa femme Jessie ont vécu ici. Le Vieil Abraham était un des chamans qui vivaient à Fort Selkirk dans la première moitié du XXe siècle et dont les responsabilités étaient de guérir les malades, de prédire l’avenir et de contrôler les éléments naturels.

10. Tommy McGinty a mis dix jours pour construire sa cabane au printemps de 1939. C’était un aîné respecté et une source incroyable d’histoires, de chants et de connaissances sur le mode de vie traditionnel. Jeune, il passait beaucoup de temps sur son territoire de piégeage, mais lorsqu’il était à Fort Selkirk, il habitait sa cabane qui est un bon exemple d’une petite cabane saisonnière facile à contruire et à chauffer.

9. La cache du Gros Jonathan (début des années 1920) est un des plus vieux bâtiment encore debout dans cette partie du village. Comme son nom l’indique, elle appartenait au Gros Jonathan Campbell, et se trouve à côté de la cabane reconstruite de ce dernier. Le Gros Jonathan Campbell était le petit-fils du chef Thlingit Thling et le fils de Hanan à qui Robert Campbell, de la Compagnie de la Baie d’Hudson, avait donné son nom. Après le décès du Gros Jonathan, sa cabane a été démolie par respect, mais on a gardé la cache.

8. La cache de Peter McGinty est typique des caches utilisées pour le poisson et le gibier, de même que pour les biens précieux comme les fourrures. Peter McGinty était le père de Tommy McGinty.

7. Jackson Jonathan, le troisième fils du Gros Jonathan et de Susan Campbell, a construit cette petite cabane vers 1947 et y a vécu seul pendant quelques années. Après son mariage avec Leta Johnson, il a déménagé à Pelly Crossing. Il a d’abord construit la cabane sous forme de bâti pour une tente, puis y a ajouté des murs en bois, un plancher et un toit. C’était une pratique courante au début de l’arrivée des Euro-américains au Yukon.

6. Stanley Jonathan, le frère de Jackson, a déménagé cette cabane depuis le ruisseau Garnet, qui se jette dans le cours supérieur de la rivière Pelly, en 1940. Il l’a achetée de George Crosby qui y avait vécu pendant dix ans. Stanley Jonathan a habité là avec ses parents jusqu’à ce que sa famille déménage à Minto.

5. Les caches mitoyennes ont été construites en deux étapes. Chaque cache avait son propriétaire. Robert Luke et plus tard David Silas ont utilisé la partie supérieure qui a été construite vers 1930. Environ dix ans plus tard, Stanley Jonathan a construit la partie inférieure pour son usage personnel.

4. Robert Luke aurait construit cette cabane vers 1930 et l’aurait vendue à David Silas. Robert Joe, Copper Joe et Copper Peter y auraient vécu. Ils étaient les fils du chef Copper, un contemporain du chef Hanan.

3. La cache du Vieux Silas aurait été construite avant 1940 à partir de matériaux provenant des bâtiments de la milice du Yukon, probablement. Elle ressemble davantage à une remise qu’à une cache à cause de sa porte et de ses fenêtres.

2. Frank Blanchard, le fils de Ralph Blanchard, a construit cette cabane en 1938 lorsqu’il était célibataire. Plus tard, la cabane a servi de résidence saisonnière à la famille Blanchard lorsqu’elle venait à Fort Selkirk après la saison de piégeage.

1. Bureau d’administration/cabane Blanchard

Le bureau d’administration est le seul bâtiment de la milice du Yukon toujours sur son site original. Deux autres bâtiments semblables avec des toits pyramidaux faisaient face au terrain de manœuvres. Ces bâtiments et les grandes baraques à côté du terrain de manœuvres formaient le complexe militaire. Après le départ de la milice du Yukon en 1899, la Police à cheval du Nord-Ouest a occupé une partie du complexe jusqu’au départ temporaire du détachement en 1911. La famille de Ralph Blanchard a vécu dans le bureau d’administration dans les années 1920 et 1930. Blanchard exploitait un important camp de bûcherons situé vingt kilomètres plus loin sur le cours supérieur du fleuve. Lui et sa femme Susan, une autochtone, ont élevé une grande famille. Vers la fin des années 1940, le mur de devant a été enlevé pour que le bâtiment serve de garage.
Cimetière de la milice du Yukon

Le cimetière est situé à cinq minutes de marche de l’emplacement du camp de la milice du Yukon. Y reposent trois membres de la milice connus seulement par leur nom de famille : Corcoran, Hansen et Walters. Plus tard le cimetière a desservi la population euro-américaine de Fort Selkirk. D’après les inscriptions encore lisibles, le cimetière a été utilisé de 1898 à 1939.
Le terrain de camping de Fort Selkirk comporte des toilettes extérieures, des tables de pique-nique, un puits (actionné par une pompe manuelle), des endroits pour faire du feu, d’autres pour planter sa tente, un abri avec un poêle pour faire la cuisine, des poubelles à l’épreuve des ours et une cabane pour se réchauffer.
Règles de conduite
Soyez respectueux des lieux et observez les règles suivantes:À l’ouest du terrain de camping se trouve le camp de travail du personnel du programme de conservation et d’interprétation de Fort Selkirk. Pour des raisons de sécurité et par respect d’autrui, évitez ce secteur à moins d’y avoir été invité.
Renseignements supplémentaires
Pour plus de renseignements sur les richesses historiques de Fort Selkirk, veuillez vous adresser au ministère du Tourisme:
Direction du patrimoineNo de téléphone: (867) 667-5386
No de télécopieur: (867) 667-2634